Pour une fois que j'aurais pu être utile, je n'ai pas saisi ma chance.
+++++++Aujourd'hui, il y a de cela peut-être un quart d'heure, je me trouvais au Aldi du coin faisant mes courses. Au passage à la caisse, un homme devant moi s'effondre. La première pensée que j'ai, ô que j'en ai honte, a été celle de n'importe qu'elle Parigo buté : mais qu'est-ce qu'il fout encore celui-là. Mais tout de suite après que je me rende compte que ce n'était pas du cinéma, mes réflexes de secouriste me reprennent.
+++Je m'avance vers lui, mais une horde d'hommes bien portants me bloque la route et le relèvent tant bien que mal. Ouf, ce n'était qu'un mauvais moment à passer pour ce pauvre homme, me dis-je.
++Celui-ci retombe derechef. Pâle, voire cadavérique.
++++++++Avec une petite pincée au coeur je me résigne à n'être que spectatrice, le vigile a prit le relais. Et j'entend encore ces vieilles faire leur diagnostic : Il m'a dit que c'est la fatigue. Ah oui ? Oh la fatigue oh oui. Alala pauvres gens. Moi aussi je suis fatiguée en ce moment. Ah la fatigue je vous dis, moi hein. Pauvre homme, fatigué comme ça.
+++Décidément les vieilles en manque de sociabilité m'insupportent.
+Les personnes qui m'entourent conseillent à l'hôte de caisse de lui céder sa chaise. Tout de suite je comprend que ni le vigile ni les personnes alentours n'ont des notions en secourisme. Sauf moi.
++++++Mais je ne bouge pas, j'attend mon tour à la caisse. Quelle conne.
Finalement une caissière sort de son abri et énonce le procédé à suivre : parle lui, met le assis ou couché PAR TERRE, pas de monde autour de lui. Elle revient, continue à déballer les articles frénétiquement.
+++Je ne bouge pas, regarde. On dirait une bête de foire. J'avance, regarde. C'est mon tour. Je réfléchis à comment je pourrais aider ce pauvre homme. Il a l'air secoué. Je sais que faire, pourtant je reste ici. Ces imbéciles le dévisagent et j'en fais partie. Je voudrais demander à la caissière qu'elle garde mes affaires. J'avance. Je range mes articles. J'avance. Il est livide. Je paie. Je reprend ma carte. Je l'observe. J'hésite. Je pars.
+++"Au revoir."
Remords.
Je l'ai laissé au milieu de gens inexpérimentés et dotés d'une magnifique curiosité malsaine.
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Je ne sais pas si un jour ce post va servir à quelqu'un, bien que je le souhaite fortement, mais je vais quand même retranscrire à chaud ce qu'il faudrait faire dans ces cas là. (pour votre info j'étais la meilleure du groupe dans lequel j'ai été formée, alors pas de soucis quant aux erreurs, il n'y en aura pas).
++La personne présente un malaise. Direct, lui demander, même si on connait la réponse : "ça ne va pas?"
Disons que c'est un anonyme. Demandez lui son nom.
+ Faites la s'asseoir ou se coucher par terre, selon sa convenance (et non pas la vôtre!)
+ Demandez lui si ça arrive souvent
Puis : ce qu'elle a mangé
- s'il elle prend un traitement
- s'il y a des antécédents familiaux
- si elle a oublié son traitement
- si elle veut boire ou manger quelque chose (PAS DE SUCRE AU RHUM*)
- des problèmes de coeur/respiration ?
- et toute autre question qui vous passe par la tête qui peut être utile au moment où les secours arriveront, qu'ils n'aient pas à la souler avec ça puisque vous leur auriez auparavant transmis les infos.
+ Téléphoner aux secours (pompiers = endroits publics ; samu = endroits privés) et donner toutes les indications possibles sur le lieu de l'accident, les circonstances et l'état de santé de la personne. Ne surtout pas raccrocher avant que la personne au bout du fil vous le dise.
+ PARLEZ LUI, RASSUREZ LA
+ Si celle-ci perd connaissance, pas compliqué faites tout de suite une PLS (position latérale de sécurité) = couchée sur le côté bouche ouverte, main droite (si elle est allongée sur la gauche) en dessous de la tête, de sorte qu'elle puisse respirer et régurgiter sans s'étouffer.
Si j'ai oublié quelque chose, ce serait sympa de me le signaler
*pour la simple et bonne raison qu'on ne sait pas si elle a le ventre vide ou non, et si elle supporte l'alcool.
D'ailleurs, l'alcool n'a jamais été un médicament.