Samedi 16 août : balade dans le Marais, 4e arr. Paris
Ayant auparavant à plusieurs reprises entendu passionnément parler du marais et de ses nombreuses friperies bordant la Seine, je me suis décidée aujourd'hui à me rendre compte personnellement du phénomène, et à renouveler avec le peu de sous possible une partie de ma garde robe.
Concernant le quartier, hormis le fait que c'est le Qg des marginaux, je ne savais rien. C'est donc avec pas mal d'a prioris que je me suis lancée dans cette exploration urbaine, avec pour seul objectif de faire quelque chose d'à peu près constructif dans la journée. on est pas à Paris pour beurrer les sandwichs !
Au sortir du métro (je ne vais pas m'étaler das mes tribulations hasardeuses dans les couloirs au néon remplis de touristes à chaussettes, ce serait trop de plainte pour pas assez de croquant. Sortie St Paul, M1), tout de suite un petit choc. Nous sommes à la frontière de la rue de Rivoli, mais ô miracle, les affreux immeubles Hausmanniens ont laissé place à de coquettes petites rues typiques. Je prend mon plan et cherche. En vain. Je réussis à me perdre.
j'arrive dans une ruelle où l'on se croirait retourné à Metz. Quelques étages au dessus, un homme jouant du Clapton. Ambiance. il ne me manque plus que la clope au bec et je me croirais presque rock n roll.
Après quelques minutes je réussis à trouver un échappatoire à ce foutu labyrinthe en suivant de petites Anglaises (bien foutues les garces) apparamment venues dans le même but que le mien à en juger de part leur apparence (bas résilles, t-shirt déchiré...) atypique.
En fait arrivée à mon point de départ, je me rend compte que j'ai juste confondu ma gauche et ma droite. Boulet.
Donc. Arrivation dans un quartier que je ne pensais franchement pas trouver à Paris. la première chose qui me frappe, c'est l'atmosphère. Bien que proche des Halles, les gens marchent posément, la detresse(enfin cest ce que je ressens) de là-bas laisse place à la tranquilité et une certaine convivialité ici.
A ma droite, une banderole gay. A ma gauche, des routes vierges de voitures. Rare. Oui, ça y est, je le sens je le sais, je suis au Marais. Le temps pour moi d'attendre le vert et je m'élance enfin vers la quète du Graal. Rue des rosiers, quartier juif. Odeurs de falafels, de kebabs, hommes qui vendent les mérites de leur viande pour une poignée d'euros en plus dans les caisses. Je ne rencontre qu'un juif typique tel une caricature. Ca me fais sourire. Et puis... ça y est.
COIFFEUR. A l'intérieur, c'est le souk, ça piaille, ça roucoule, ça cherche... 45 minutes après, je ne ressors qu'avec un malheureux chapeau violet made in england que je ne mettrai que très peu souvent... mais je l'aime.
Quelques rues plus loin, une musique forte accompagne mes pas, ou plutôt l'inverse. C'est plus fort que moi, il faut que j'entre. NOIR KENNEDY (je crois). Les plus réfractaires à la musique emo, passez votre chemins. C'est petit mais bien décoré (j'omets bien évidement d'introduire les rats pendus et les papillions + araignées épinglées au mur) de noir et de miroirs.
Que vois-je au moment où je veux sortir ? Des Docs Martens, 30euros d'occaz... une aubaine ! Je cherche ma pointure et là... le sosie de Pete Doherty version french touch (alias le vendeur) me demande ma pointure française. "36". Regard amusé, of course...
J'hésite, je tate, je regarde... Et puis zut. Je règle et sors, non sans un dernier regard pour ce beau vendeur. il doit être gay comme les autres...
On continue, le coeur et le porte-feuille légers. Je sillonne les allées des autres friperies, surtout des trucs de mémés. Mais y'a du potentiel. C'est avec un certain pincement que je me résigne à ne faire que regarder car il faut que je garde des sous pour mon retour en province. Misère, je commencais à m'y faire à cette vie de parisienne.
Trois heures sont passées, il est temps de rentrer. SMS d'une copine "pique nique pont de Sully, ca te dit ? ya Keziah Jones ce soir" Allez hop, on est pas prêt de dormir...
Endroit à la population jeune, cosmopolite, et ecclectique, le Marais c'est que du bonheur du moment qu'on est un temps soit peu branché culture alternative.